La tendance néo-bourgeoise, le code vestimentaire qu’on aime

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Le code vestimentaire néo-bourgeois, inspiré des seventies, revient sur le devant de la scène. Et c’est bien une chose à laquelle on ne s’attendait pas pour cette rentrée vestimentaire 2019. On vous explique pourquoi on aime ce style bien looké.

Décryptage look

Ce que nous aimons, la jupe-culotte en laine, en cuir ou crêpe, et la jupe plissée ou crayon qui va jusqu’au niveau du genou ; un look souvent attribué à la bourgeoise ou à la femme des beaux-quartiers. Ajouté à cela, une blouse lavallière qui se porte par-dessus un cardigan boutonné. Aux pieds, on chausse des ballerines avec un petit talon ou des sneakers de ville couleur silver ou blanches. Au niveau de la tête, on orne notre coiffure avec une barrette XL ou un nœud.

Côté couleur : le nouveau noir plus connu sous la teinte cerise ou le kaki pour les pantalons et les jupes. Des blouses, chemises en soie ou robes à imprimés paysage ou toile de Jouy. Pour les plus expertes, on porte du blanc/gris en total look pour une tenue de soir ou pour un weekend à la campagne ; ou du gris monochrome en semaine avec une touche bright au niveau des lèvres, pour réchauffer notre tenue. Pour les débutantes, on choisit le bleu marine qui sied à toute les carnations. Le beige est LA couleur de la saison à adopter tout au long de l’année. Aux pieds, on se hisse sur des bottes rouge vif.

L’auteur de la réactualisation de ce style n’est autre que le designer de la maison de couture française Céline, Hedi Slimane. Il s’est inspiré des archives de la maison et a associé cela à la figure de la Parisienne des années 70. Cette silhouette hyper maitrisée oscille entre une Romy Schneider dans la « Banquière », une Betty Catroux jouant avec les codes de la bourgeoise, et bien sûr une Catherine Deneuve dans « Belle de jour ».

Natacha Ramsey-Levi chez Chloé, Riccardo Tisci chez Burberry ont eux aussi opté pour ce retour à un certain classicisme, propice à l’écriture d’une nouvelle partition sur la mode.

Différentes marques à des prix abordables tels que Maje, Claudie Pierlot, H&M, Urban Outfiters, Theory, Mango, Ted Baker, Whistles, Weekend Max Mara… proposent également des collections qui recèlent de belles pièces qui nous donneront un style de Parisienne néo-bourgeoise.

Dans les rues, l’effet a été immédiat. On peut désormais constater un engouement pour cette silhouette rétro, fortement marquée par un retour à une forme de féminité peut-être plus évidente. On peut voir refleurir les blouses fluides et nouées, les tailleurs en tartan, les blazers à boutons dorés qu’on aime beaucoup, les carrés sages qu’on shoppe dans les boutiques vintages ou online, et les cols roulés de chez Zara. Un style de jeune fille bien rangée.

Par ce style vintage, la garde-robe de luxe se veut un secteur plus accessible, qui rentre dans le dressing de madame tout le monde.

Cette tendance semble redéfinir les repères. Avec cette allure classique, on revient à des valeurs sûres, selon les dires d’Elizabeth Prat, directrice mode et style chez Peclers Paris. On n’est pas dans le look jetable mais dans quelque chose de timeless et simple qui rassure. Il y a l’idée d’une élégance parisienne, d’une célébration, d’un look français auquel on redonne ses lettres de noblesse.

Du même coup, cette tendance redéfinit les frontières entre le masculin et le féminin, incarne des normes sociales plus claires. Loin du courant « gender fluid » qui a été beaucoup exploité ces derniers temps sur les podiums, explique Thomas Zylberman, styliste au bureau de Carlin.